Le mystère des écrans et leurs effets sur le développement

par | Mar 27, 2026

Les écrans, par leur stimulation sensorielle élevée (son, lumières vives et saccadées) saturent rapidement l’attention de l’enfant, qu’il ne peut plus exploiter ensuite dans les apprentissages, ni dans ses relations. L’impact sur les capacités attentionnelles est démontré, et on observe notamment une augmentation de l’impulsivité et de difficultés de régulation des émotions chez les enfants et adolescents consommant plus de 30 minutes d’écran par jour (répartis sur une semaine !).

L’écran met également en route un circuit de la « récompense immédiate », par une sécrétion importante de dopamine. L’enfant tout comme l’adolescent et l’adulte vont, après un temps d’écran, recevoir comme message du cerveau d’obtenir à nouveau et rapidement cette dopamine, si rassurante. Nous avons tous pu consulter notre téléphone sans vraiment savoir pourquoi… Maintenant nous le comprenons, c’est pour rassurer notre cerveau sur ce besoin de récompense, s’apparentant au phénomène d’addiction. La qualité de sommeil est également affectée, à cause d’une sécrétion plus tardive de mélatonine après utilisation d’un écran.

L’enfant a besoin d’apprendre par ses mains, par l’expérience, par les essais et erreurs et développe peu à peu la persévérance, pour obtenir la connaissance. Donner trop d’informations (et trop tôt) aux enfants par le média des écrans ne leur permet pas de développer un certain sens de l’effort et un courage pour atteindre un objectif. L’exemple d’un enfant en train d’apprendre à lire est parlant. Comme il est coûteux pour lui au début d’associer les sons aux lettres, de les enchaîner dans sa bouche les uns après les autres ! Après plusieurs années de pratique, la tâche est automatisée et plaisante, satisfaisante. Alors qu’est-ce qui a pu permettre au jeune apprenti lecteur de fournir tous ses efforts ?

La motivation d’y arriver, et seul. La conviction que la langue écrite ouvre un univers formidable, et que celui-ci est suffisamment intéressant à conquérir pour donner autant de son énergie, pour faire tant d’erreurs en recommençant inlassablement !

Pour les adolescents, la réalité est d’autant plus importante à considérer que leur lobe frontal (qui gère toutes les règles, l’impulsivité, l’attention…) est encore très immature. On évalue qu’à partir de 16 ans, le jeune a davantage de ressources pour se défendre contre l’addiction en général, et est moins influençable. Les réseaux sociaux représentent alors un vrai danger pour les jeunes en construction qui se fragilisent à long terme au sujet de toutes les addictions, et ont accès à des contenus de plus en plus choquants, qui suscitent anxiété, mésestime de soi, et sont le nid aussi du harcèlement. De quoi soutenir les parents de collégiens qui préfèrent attendre avant que leur enfant n’ait un smartphone. Vous êtes sans doute précurseurs ! Car de plus en plus d’établissements scolaires font le lien entre décrochage dans les apprentissages et utilisation personnelle du smartphone et des réseaux sociaux. L’impact sur la santé mentale des jeunes étant démontré, il n’en reste pas moins difficile de l’expliquer à son adolescent et d’accepter le regard des autres ! Mais de plus en plus de familles ont ce courage, le gouvernement a pu annoncer des mesures restrictives, des chefs d’établissement ou enseignants se mobilisent, informent et soutiennent les parents dans ce choix de différer l’âge du smartphone personnel, ou de fournir un téléphone « 9 touches ». Ce qui est extrêmement positif et encourageant !

Diane de Vimal

Orthophoniste